La femme est un mystère qu'il faut vivre et non un problème à résoudre...
Autrefois, j’ai connu une femme paysage. Une de ces femmes, que l’on croise au détour d’une rue, d’une route ou d’un chemin, et l’on se dit que cela doit valoir le détour d’en explorer les contours et les courbes.
J’avais alors, une certaine expérience des femmes, et de leurs tours de magie.
Je ne connaissais que trop bien le tour de l’illusionniste qui fait disparaitre les cartes du jeu pour ensuite les faire réapparaître ailleurs, ou celui de la grande disparition, ou encore celui de la planche à découper…
Bref, j’avais pu, jusqu’alors observer, expérimenter différents tours de magie, j’en avais deviné les trucs et astuces, je m’en étais presque lassé, trop habitué à tout ces subterfuges…le claquement de porte, l’œillade emporté, la danse du ventre et autres émerveillement du beau sexe.
Mais lorsqu’au détour d’un wagon, je tombais, nez à nez, avec ce personnage, je devinais déjà, qu’elle avait plus d’un tour dans son sac.
A l’époque, elle venait d’avoir 30 ans. Prise d’une insatiable envie de courir le monde, elle avait rencontré un beau sniper à la gâchette rapide et allait le rencontrer en cati mini sur les hauts plateaux de Lozère.
Dès lors, je fus perdu…je savais que j’y laisserais des plumes…Mais tel un joueur patenté, j’avais décidé de miser tout ce qui me restait sur ce joli numéro. La roulette s’était mise à tourner à j’attendais mon heure.
Ce ne fut pas très long ; elle m’avait poursuivi jusque dans mes songes…Une magnifique brune tatouée me sortant des eaux troubles où je trainais, vint à ma rencontre et dès lors la magie pouvait recommencer à opérer.
Ce fut transcendant, un souffle, une caresse, un mot et j’étais transporté, extirpé de ma condition humaine…ce que je vivais dépassait l’entendement : L’extase des moments sublimes.
Chaque fois, qu’elle me jouait un tour, je restais stupéfait ! Une ensorceleuse, une vraie magicienne, une reine de Saba. La magie opérait si bien que je restais stupéfait à chacune de ses apparitions ou disparitions…
J’étais alors confronté à un être dont je devinais qu’un profond mystère l’habitait : ce mystère unique, que l’on ne rencontre jamais deux fois. Elle détenait sa vérité en propre, elle était habitée du feu sacré des dieux…et moi, tel un Prométhée, mal fagoté, j’essayais de lui dérober son mystère.
Elle avait, à la fois, le gout du miel des fleurs du soleil et du sel des grandes plages des pays Sud, tout à la fois royale et exotique. J’appris qu’elle avait beaucoup voyagé dans son enfance, elle se définissait elle-même comme une nomade de la vie. Je vivais le charme et l’émotion…toujours plus fasciné.
J’appris peu à peu, les recoins de son corps et de son histoire, magnifique et onirique, j’aimais me perdre en elle, et elle me parlait toujours « du grand frisson » ... Jamais de ma vie de jeune homme, je n’avais connu de pareilles extases, chaque parcelles de son corps je la parcourais avec l’attention d’un homme qui vient de découvrir un nouveau continent et je me perdais volontiers dans ses forêts humides et chaudes qu’elle me présentait chaque jours sous un jour nouveau , comme un nouvel Eldorado.
A chaque jour suffit sa peine et quand le soir venu, elle s’éloignait je ne pouvais pas m’empêcher de songer à cet extase sans limite qui s’offrait à nous.
Mais : « qui mal cherche, mal trouve… ».
Je ne pouvais me résoudre à me dire qu’à moi seul, j’avais découvert le 6e continent, ce continent enfoui, que bien des hommes avant moi, et bien des hommes après moi, désespèreraient de trouver.
Elle était la solution, ce Continent Noir, que Freud, jadis avait nommé. Elle incarnait à elle-seule tous les mystères de la féminité, aussi fragile qu’un cristal mais aussi forte que l’acier trempé…capable tout à la fois du meilleur et du pire…Elle pouvait passer du rire aux larmes en m’étreignant si fort pour mieux s’enfuir, ensuite.
Elle revenait désespérée.
Je n’avais de cesse que de voir briller dans ses yeux cette flamme qui ne s’anime que lors des grands instants…J’adorais la voir scintillée au creux d’elle…et Mon Dieu !!! Quel abandon dans nos moments de jouissances, jamais je n’oublierais comment nous nous perdions ensemble l’un en l’autre.
Cette idée d’avoir découvert un si précieux cadeau, une perle si rare, une telle magicienne hors pair, devint petit à petit une obsession…
Je ne pouvais me résoudre à détenir seul le secret de la vie et de l’Amour… Il m’était impossible de me résonner en me disant que d’autres ne voudraient pas, eux aussi, convoiter et découvrir ce trésor, en percer les secrets…découvrir ce continent secret…
Alors, je devins fou…comme l’histoire de cet homme qui transforme tout ce qu’il touche en or et qui ne peux plus, dès lors, ni boire ni manger.
J’étais devenu le Dragon qui gardait le trésor et elle, tout à la fois, était la princesse à délivrer et le trésor lui-même.
Elle est partie, je ne l’ai jamais revue depuis. Mais quel mystère et quel voyage…
J’ai alors compris que cette femme paysage, je ne pourrais jamais la posséder complètement, jamais sa magie ne serait mienne et c’était en cela que résidait l’illusion, le tour de passe-passe.
Depuis, j’erre hagard, dans les rues, dans les gares, à la recherche d’une ensorceleuse qui me rendrait à la raison, qui me ramènerait de ce continent perdu, de cette aventure sans fin, de ce voyage au creux de la femme paysage…
« Il y a deux sortes de femmes. La femme-bibelot que l’on peut manier, manipuler, embrasser du regard, et qui est l’ornement d’une vie d’homme. Et la femme-paysage. Celle-là on la visite, on s’y engage, on risque de s’y perdre. »
Michel Tournier
James Blake - The Limit To Your Love
Des ombres et des lumières...
Des ombres hantent mon coeur, des mirages et des stroboscopes...
J'oublie, je souris
Je me souviens, je palis...
Je repense à toi, figé dans ma prison dorée
Je repense à toi, au gout de tes lèvres sur les miennes
Je repense à toi, et il m'est difficile d'aimer à nouveau
Je t'oublie et je revis
Je t'oublie et je reçois
Je t'oublies et je suis vivant.
L'air est chargé de relents de souvenirs étranges, en suspension dans un temps incertain. Etait-ce hier ? Il y a un mois ? Il y a un an ? Je ne sais plus.
Des sourires passent, des oeillades, des démarches chaloupées appuyées, je n'en ai que faire. Laissez moi en convalescence.
L'Amour se digère mal parfois, il se conjugue au présent, au futur puis au passé.
Qu'ai je fais pour en arriver là ? Des musiques passent en boucles dans ma petite caboche décrépite, des images, des éclairs des miroirs.
La vie s'éffiloche et je demeure, las, à regarder les jours en suspends.
Soirée, musique d'ambiance, elle allongé sur le canapé, un demi sourire en coin. Elle me scrute, m'attends au tournant. Moi, je vocifère que le monde est cruel. Qu'il est mal foutu ce monde. Elle s'approche, me caresse la joue...ça main s'attarde sur mon sexe.
Elle danse autour de moi, comme folle.
Mais c'est moi qui suis fou...fou d'elle. De son rire, de ses yeux, de ses mots, de son corps.
Suite(s)
Moi décrépti assis dans un vieux fauteuil, en train d'écrie un mail pour essayer de la récupérer une enième fois...c'esst trop tard, c'est cassé.
J'avale un autre Valium et je vais me coucher.
Réveil.
Une douche. Je reprends mes esprits. Une autre journée atone m'attends.
Douleur
C'est là, tapi en vous...
ça vous regarde en façe sans vouloir dire son nom...
Et ça remue sans cesse, comme une ronce sauvage qui pousse en vous...
Comme un milliers d'aiguilles acérés qui vous transpercent l'âme...
Comme le marteau qui vient frapper l'enclume sans cesse...
Et toujours ce vacarme glacé qui coule dans tes veines.
Infini tristesse.
Sale humeur.
Tu te réveilles dans la nuit frissonnant, les yeux grands ouverts dans le noir tentant de déchiffrer les ombres...
Tu rumines et tu transpires.
Les tripes nouées et la nausée au bord des lèvres, tu attends l'aube poindre.
Exténué tu t'extirpes de la nuit en attendant la suivante.
La journée passe, morne avec son lot d'incertitudes.
Tu attends, phase narcoleptique...phrases névralgiques.
Tu saignes toujours. Tu attends le lendemain, espérant un redoux.
Mais tu sais qu'il ne seront plus très nombreux les lendemains qui chantent.
Alors tu t'allonges, en attendant la nuit.
Que serais-je sans toi ?
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi, qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N'est-ce pas un sanglot que la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve, ailleurs que dans les nues.
Terre, terre, voici ses rades inconnues.
Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un coeur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement.
Je sais je sais Tout est à faire
Dans ce siècle où la mort campait
Et va voir dans la stratosphère
Si c'est la paix
Éteint ici là-bas qui couve
Le feu court on voit bien comment
Quelqu'un toujours donne à la louve
Un logement
Quelqu'un toujours quelque part rêve
Sur la table d'être le poing
Et sous le manteau de la trêve
Il fait le point
[...]
C'est la paix qui force le crime
À s'agenouiller dans l'aveu
Et qui crie avec les victimes
Cessez le feu
Louis Aragon
Regrets
Souvent, pour s'amuser, les femmes contemporaines
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Les girons glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-elles déposées sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'une agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Découvrez la playlist hey you avec Pete Yorn & Scarlett Johansson
Seul
Je m'étais promis que l'on ne m'y reprendrais plus...plus un mot sur ce blog...plus une parole.
Arrêter de se déverser.
Pourtant aujourd'hui, je me sens comme une merde. Petite, chiasseuse et pathéthique.
Je l'aimé, ça oui.
Elle est partie et pour de bonnes raisons, ma jalousie infecte, mes crises existencielles nauséabondes.
Aujourd'hui, je suis vide et rempli d'une blie amère que je recrache ponctuellement sur mon entourage.
Je demeure emprisonné entre ma jalousie maladive et ma culpabilité intransigeante.
Que reste-il de moi ? Rien.
L'ombre de moi-même. L'ombre d'un homme, l'ombre d'un sexe, l'ombre d'une vie.
Elle était mon soleil, mon phare, ma lumière au bout du tunnel. Je l'ai littéralement éteinte.
Certes, elle a ses torts : trop indépendantes, légèrement égoïste et un peu perdue. Mais méritait-elle vraiment ça ?
J'entends par la un compagnon, tout à la fois, hurle et gémit, vomit et gesticule, en vain.
On ne tient pas au coté d'un tel phénomème...Tout au plus on prends ses jambes à son coup et l'on s'éloigne vite. Au pire, on reste et on souffre.
Je ne suis pas un homme. ça en a l'odeur, le goût, les compétences et les capacités mais ça n'en n'est pas un.
Je suis un petit être immonde qui sonde les abîmes de son coeur et de son âme au contact des autres : je déconstruit disait-elle.
Je ne sais pas aimé.
Je fantasme ma vie et mes fantasmes se retournent contre moi pour me dévorer tout cru sans me laisser le moindres répis, la moindres petites miettes de bonheur.
J'aurais voulu être heureux, mais je crève de plus en plus la bouche ouverte, les entrailles à vif et répandues au sol. Je suis handicapé de la vie , de l'Amour et des autres.
Je vais encore m'administrer quelques doses d'hypnotiques, d'anxiolitique pour tenter de franchir la ligne d'arrivée en un seul morceau et après Adios.
J'ai mal à la vie.

Après reflexion...
ouaip...

...
No comment
Aujourd'hui, après un câlin avec ma copine, je m'allonge sur le dos, tout fier. Elle met alors sa tête sur mon épaule et me dit : "C'est pas grave..." VDM







